SIPA_ap22655297_000039

Conseil constitutionnel : Emmanuel Macron propose Richard Ferrand pour succéder à Laurent Fabius

Sans surprise, le chef de l’Etat a proposé l’un de ses proches pour succéder à Laurent Fabius à la tête du Conseil constitutionnel. Ce marcheur de la première heure devra, néanmoins, passer l’épreuve du Parlement avant de devenir le premier des Sages.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

C’était attendu, c’est bien l’ancien président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand qui a été proposé par le chef de l’Etat pour prendre la tête du Conseil constitutionnel. Le Conseil, composé de neuf membres nommés pour neuf ans, se renouvelle par tiers tous les trois ans sur proposition du Président de la République, des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Leur mandat n’est pas renouvelable.

En 2025, les mandats de trois membres, parmi lesquels le président de l’institution, Laurent Fabius, arrivent à leurs termes. Et c’est bien ce choix présidentiel pour présider l’institution qui recouvrait le plus d’enjeux. La décision d’Emmanuel Macron apparaît comme un premier héritage pour le chef de l’Etat, puisque le futur président du Conseil constitutionnel sera en poste jusqu’en 2034, bien après la fin de son propre bail à l’Elysée. Yaël Braun-Pivet a nommé l’ancienne magistrate Laurence Vichnievsky/ Gérard Larcher a fait le choix du sénateur LR, Philippe Bas.

Une fois annoncées, les trois personnalités proposées par le président de la République, le président du Sénat et la présidente de l’Assemblée nationale, vont passer le cap de l’audition parlementaire. Depuis la réforme constitutionnelle de 2008, la commission des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat peut se prononcer contre la nomination d’un des membres par un vote à la majorité des trois cinquièmes. Pour l’audition du candidat du chef de l’Etat, on additionne les votes des commissions des deux chambres.

Mais le profil très politique de Richard Ferrand, fidèle parmi les fidèles, l’un des rares à pouvoir dire très franchement ce qu’il pense au chef de l’Etat, fait débat. Sur X, le constitutionnaliste Benjamin Morel met en garde. Il estime que « nommer Richard Ferrand, à l’image très abîmée dans l’opinion, très proche du Président », ce serait « affaiblir profondément le Conseil dont on n’a jamais autant eu besoin ». L’ancien président LREM de l’Assemblée, de 2018 à 2022, a eu à faire avec la justice. Mais il a été mis hors de cause dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne. (Lire notre article).

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Zones a Faibles Emissions de la Metropole Nice Cote d Azur
6min

Parlementaire

La suppression des ZFE censurée : « Je fais confiance à la droite pour revenir à la charge », ironise la sénatrice PS Audrey Linkenheld

Saisi par la gauche et une partie du bloc présidentiel, le Conseil constitutionnel a largement censuré la loi simplification, notamment la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), un dispositif de lutte contre la pollution de l’air, et les assouplissements prévus sur l’objectif de « zéro artificialisation nette » (ZAN), deux mesures dans le viseur de la droite. Mais les LR pourraient rapidement dégainer une nouvelle offensive législative.

Le

Conseil constitutionnel : Emmanuel Macron propose Richard Ferrand pour succéder à Laurent Fabius
6min

Parlementaire

« Une atmosphère de peur », « la loi du silence » : la commission d’enquête du Sénat sur les marges de la grande distribution et de ses fournisseurs revient sur le contexte lourd de ses travaux

Durant six mois, les sénateurs ont enquêté sur la construction des prix dans la grande distribution et sur les relations commerciales avec les acteurs de l’amont, les transformateurs et les producteurs. Lors de la remise de leur rapport, la rapporteure et la présidente sont revenues sur les conditions de leur travail.

Le

Chômage après une rupture conventionnelle : le Sénat rétablit la réduction de la durée d’indemnisation
7min

Parlementaire

« On travaille à l’arrache » : la grogne monte au Sénat à l’approche de la session extraordinaire

Alors que la campagne électorale des sénatoriales a déjà démarré et va se poursuivre cet été, Gérard Larcher ne compte pas jouer les prolongations après le 14 juillet. Le président du Sénat a rappelé ce jeudi qu’il ne souhaitait pas la chambre haute siège au-delà de la fête nationale contrairement à la volonté de l’exécutif. De nombreux textes attendent pourtant les élus et il faudra faire des choix.

Le

Conseil constitutionnel : Emmanuel Macron propose Richard Ferrand pour succéder à Laurent Fabius
7min

Parlementaire

« Politicae n’est pas un parti politique » : au Sénat, le co-fondateur se défend face aux soupçons d’influence du milliardaire Pierre-Édouard Stérin

Auditionné par la commission d’enquête sur le financement privé de la vie démocratique, Raphaël Cognet, cofondateur de Politicae et maire sortant de Mantes-la-Jolie, a tenté de dissiper les soupçons pesant sur son organisation, financée notamment par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin.

Le